Tout beau tout bio ?

Publié le par Béatrice Vigot-Lagandré

Après les crises sanitaires de la vache folle, le rejet de la « malbouffe » ou les craintes des effets des pesticides, nombre de consommateurs se tournent vers les produits issus de l’agriculture biologique. Mais le bio est il aussi bon qu’on le dit ?

 

 

La petite histoire du bio 

C’est au cours des années 1930 qu’est né le concept d’agriculture biologique sous l’impulsion de mouvements « biodynamiques » et « organiques », concepts liant l’avenir de la terre et celui de l’homme, et prônant le retour à des modes de production plus respectueux des cycles naturels. Mais c’est surtout dans les années 80 que le bio a véritablement pris son essor.

 

Mais attention, bio ne signifie pas « sans traitement » ! On a tout à fait le droit d’utiliser des pesticides et autres traitements en agriculture bio. Certes, ils sont naturels….Mais naturel n’est pas synonyme de « sans danger »…. Preuve en est avec le cuivre, largement autorisé en bio, et pas inoffensif pour les sols. On pourrait ainsi multiplier les exemples.

Par ailleurs, faut-il vraiment se passer de notre « armoire à pharmacie » ? Utiliser des traitements « chimiques » à bon escient et de façon raisonnée permet, sur le plan sanitaire, d’éviter bien des problèmes. On a un peu trop tendance à l’oublier.

 

Un strict cahier des charges pour un système de valeurs respectueux de la nature

L’idée maîtresse de l’agriculture biologique est le respect des cycles naturels et du bien-être animal. Économe, autonome et non polluante, elle favorise la rotation des cultures, en excluant l’usage des pesticides et des engrais chimiques. L’utilisation des rayonnements ionisants et des OGM est proscrite, le recours aux médicaments vétérinaires est interdit à titre préventif, et limité à titre curatif. En bref, c’est indéniable, le bio semble meilleur pour l’environnement !

 

Le label AB

Contrairement aux Labels et Appellations Contrôlées, la mention AB ne concerne pas le produit lui-même, mais son mode de production. Ce logo certifie que le cahier des charges a été respecté, et que l’aliment est constitué au minimum de 95% d’ingrédients directement issus de l’agriculture biologique.

 

Le bio a t il meilleur goût ?

Aucune étude n’a pu prouver que les produits bios avaient une qualité organoleptique supérieure. Une large majorité de consommateurs estime pourtant que les produits bios sont plus savoureux. Simple « effet placebo » ? Selon l’Inra (Institut national de la recherche agronomique) et l’Itab (Institut technique de l’agriculture biologique), « les protocoles utilisés n’ont pas permis pour l’instant de mettre en évidence des différences statistiquement significatives »… Et pour cause : de nombreux facteurs interviennent dans la perception du goût : la variété, le terroir, le climat, la race animale, la fraîcheur ou le stade de maturation. La charge symbolique du produit dit « naturel » et les arguments subjectifs orientent le choix et le goût. A chacun donc, avant de faire son choix, de bien lire les étiquettes, de comparer et surtout, de goûter pour se faire son opinion !!

 

Le bio, meilleur pour la santé ?

Faire de l’agriculture biologique, c’est avant tout une obligation de moyens, et non de résultats. Ainsi, la réglementation européenne spécifie « qu’aucune allégation ne peut être faîte suggérant à l’acheteur que l’indication se référant à l’agriculture biologique constitue une garantie d’une qualité organoleptique, nutritionnelle ou sanitaire supérieure ». Des légumes poussant aux abords d’une autoroute ou d’une usine chimique sont donc susceptibles de contenir des traces de métaux lourds, tout en étant estampillés AB…

Les études sur les bénéfices des produits bios se contredisent  et à l’heure actuelle il est assez difficile de démêler le vrai du faux et de savoir si les produits bios sont plus concentrés en nutriments que les non-bios.

 

Une chose est sûre, un fruit ou un légume qu’il soit bio ou non, s’il est récolté au bon moment, à pleine maturité, sera toujours beaucoup plus concentré en nutriments qu’un autre récolté pas encore mûr, et venu du bout du monde (d’autant que le transport lui aura fait perdre pas mal de vitamines !)…. Au passage, rien ne prouve que les fruits et légumes aujourd’hui sont moins riches en nutriments que ceux des années 50 (n’en déplaise à cette chère Elise Lucet…mais c’est là un autre sujet sur lequel je reviendrai)

 

Rien ne permet de conclure que manger des produits bios protège du cancer… A l’inverse, il est fort bien démontré que consommer des fruits et légumes, qu’ils soient issus de l’agriculture conventionnelle ou biologique apporte un réel bénéfice sur la santé et minimise les risques de cancer. A bon entendeur…

 

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