Goûte mes frites...
Dégustées en famille, au restaurant ou grignotées en « snacking », dans la rue, les frites restent synonymes de plaisir.
Une invention belge ou française ?
Difficile de savoir qui a eu la géniale idée d’inventer cette préparation. Certains historiens prétendent que la frite aurait été inventée par des marchands ambulants français au lendemain de la Révolution, sur le plus vieux pont de Paris, le Pont Neuf (d’où le nom « pommes Pont Neuf »).
Les Belges eux, affirment que la frite serait née à Namur : ses habitants avaient pour habitude de pêcher dans la Meuse du menu fretin qu’ils faisaient frire. Mais un hiver, la rivière gela et il fut impossible de pêcher. Les Belges auraient alors eu l’idée de remplacer les poissons par des pommes de terre coupées en forme de petits poissons. Toutefois, nombre d’historiens jugent cette histoire quelque peu fantaisiste ! Il se pourrait aussi que l’arrivée des frites en Belgique soit due à un certain M.Fritz, qui les popularisa en les vendant dans les premières baraques à frites, au milieu du XIXè siècle.
Plaisir universel et transgénérationnel
Les frites sont aujourd’hui l’un des plats les plus consommés au monde (11 milliards de kilos par an, sans compter les frites maison). Récemment, McCain, leader du marché des frites surgelées en Europe, a commandité une étude à TNS Sofrès. Une étude qui confirme, s’il le fallait, que les Français aiment les frites ! 86% d’entre eux ont « un souvenir agréable » en rapport avec les frites. L’enquête nous révèle que 85% des jeunes de 16 à 24 ans mangent les frites avec une sauce (ketchup, mayonnaise,…) alors que les plus âgés les dégustent telles qu’elles, avec juste un peu de sel. On y apprend également que 92% des Français apprécient de consommer les frites à table, lors d’un repas structuré (contrairement aux Belges par exemple, qui les mangent seules, à toute heure, notamment dans les célèbres baraques à frites), et que 89% les trouvent encore meilleures « avec les doigts » ! En somme, les frites autorisent les entorses aux convenances et règles de savoir vivre à table. Plus de 41%, et notamment les femmes et les jeunes, avouent « piquer » des frites dans l’assiette de leur voisin. Les frites restent un plaisir convivial que l’on aime partager : on les mange en famille (90%) ou entre amis (80%), au restaurant (81%), en vacances (85%)… ou en amoureux (58%) !
Secrets de cuisine
Pour réussir de bonnes frites, il faut choisir des pommes de terre de gros calibre à chair farineuse qui se délitera suffisamment à la cuisson pour obtenir une frite onctueuse à l’intérieur et croustillante à l’extérieur. On privilégiera la bintje, ou à défaut la nicola, la manon ou la caesar. Une fois épluchées, les pommes de terre seront lavées pour les débarrasser de leur amidon et éviter qu’elles ne collent entre elles. Il est également important de bien les sécher avant de les cuire, car l’eau des légumes fait baisser la température de l’huile et empêcherait «l’effet de friture ». Concernant cette friture, si les Belges ne jurent que par la graisse de bœuf, en France, c’est l’huile qui prédomine. On choisira une huile résistant aux hautes températures et plutôt neutre (tournesol, arachide, pépin de raisin), même si l’huile d’olive a ses adeptes. Traditionnellement, les frites se cuisent en deux fois : on les plonge d’abord dans une huile à 140/150°C pendant environ 5 minutes, puis on les laisse refroidir 20 à 30 minutes avant de les remettre en friture (à 170/180°C) pendant 5 à 7 minutes. Bassine à frites traditionnelle ou friteuse électrique, tout est question de choix… on pourra même opter pour la friteuse sans odeur et quasiment sans huile inventée par Seb il y a quelques années.
photo : CNIPT