Les routiers sont toujours sympas
Même si leur nombre a fortement diminué, les restaurants routiers sont toujours plébiscités par les professionnels du transport.
Petite histoire des routiers
L’histoire des Routiers débute dans les années 1930, à l’époque où le transport par route commence à se développer. Le journaliste François de Saulieu réalise un reportage sur ces chauffeurs de camions, reportage au cours duquel il rencontre Louis Navière un autre journaliste féru de bonnes tables. Frappé par la difficulté du métier de chauffeur et par leur solitude, il a l’idée, avec son confère, de créer un journal entièrement dédié aux camionneurs. Ce sera « Les Routiers », un mot qui pourtant, ne figure pas encore dans le dictionnaire. Les camionneurs n’ayant pas toujours le temps de lire le journal, l’idée est de le mettre à disposition dans certains restaurants. Les « Relais Routiers » voient alors le jour, avec pour symbole, le petit panonceau bleu et rouge désormais bien connu. Ces établissements deviennent rapidement des arrêts privilégiés pour les professionnels de la route. Le premier sera « Le Cheval Noir », à Champagne au Mont D’or, qui accueillera les chauffeurs pendant plus de 50 ans… Un premier « guide des Relais Routiers » répertoriant les adhérents de la Chaîne paraît dès 1937, guide réédité chaque année. A la veille de la Seconde Guerre Mondiale, on compte déjà près de 2000 Relais Routiers en France métropolitaine mais aussi en Algérie ou au Maroc (c’est là que se trouvait d’ailleurs l’établissement le plus élevé, au col du Tizi N'Test, à 2 100 m d’altitude) … Un chiffre qui passera à plus de 4000 à la fin des années 1950. C’est alors l’heure de gloire des routiers. Comme le souligne Laurent de Saulieu, gérant des Relais Routiers, leur diminution s’amorce avec la construction et le développement des autoroutes dans les années 60 et 70. Mais Les Routiers sont également moins nombreux car certains chauffeurs préfèrent manger un sandwich à midi et prendre le temps de s’attabler uniquement le soir. Il y a aussi de plus en plus de routiers étrangers « low cost » qui n’ont pas les mêmes budgets que les Français, et n’ont pas les moyens de se payer un repas. Autre explication, les chauffeurs français sont moins libres qu’avant et sont surveillés. Ils ne peuvent plus trop s’éloigner de leur route pour aller déjeuner dans un Routier qu’ils connaissent. Cela dit, le transport par route est en augmentation. S’ils savent continuer à accueillir chaleureusement les chauffeurs et leur proposer des prestations de qualité, les restaurants routiers encore de beaux jours devant eux.
Le « Relais routier », bien plus qu’un restaurant
Bon accueil, qualité du repas, prix mesurés et accessibles, telles sont les caractéristiques des Relais Routiers. Pour adhérer à la « Chaîne des Relais Routiers », il faut d’ailleurs respecter certaines conditions : accueillir les professionnels de la route dans « l’esprit relais » pour qu’ils se sentent « comme chez eux », privilégier une cuisine maison, proposer un menu aux alentours de 13 €, avoir un parking conséquent et idéalement, mettre une douche à disposition des chauffeurs.
Le « Guide des Relais Routiers » a fêté ses 80 ans en 2014. Des inspecteurs, épaulés par des chauffeurs routiers bénévoles qui leur apportent des informations, sillonnent les routes de France pour veiller à ce que les établissements respectent les règles et la « charte de la chaîne des relais routiers ». Chaque restaurant référencé dans le guide voit ses prestations détaillées dans une fiche donnant ses coordonnées, tarifs, horaires, avec des pictogrammes mentionnant l’ouverture le week-end, l’acceptation des chiens ou la présence d’une terrasse. 87 des restaurants présents dans le Guide se sont même vus attribuer une « casserole », signalétique particulière qui indique que l’établissement propose, en plus du menu routier, un menu touristique qui fait la part belle aux spécialités régionales tout en restant abordable.
En plus de sa fonction « nourricière », le relais routier a une réelle dimension sociale. Au-delà d’un repas copieux et bon marché, les chauffeurs viennent chercher un accueil chaleureux et une ambiance familiale. Seuls toute la journée dans leur camion, ils se retrouvent en terrain connu, sont heureux d’être reçus comme à la maison, se sentent à l’aise avec le personnel qu’ils connaissent bien. Souvent, on les appelle par leur prénom et on leur sert un repas simple et copieux, tel qu’ils pourraient le consommer chez eux. Il se compose généralement d’un buffet d’entrées, d’un plat (les recettes traditionnelles comme la choucroute, l’andouillette ou le steak sont plébiscitées), d’un fromage, d’un dessert et d’un quart de vin. Le tout pour moins de 15 €…. Un rapport qualité / prix imbattable !

